France info : Interview de Christopher Potter

Nouveau monde. "La France manque de capitaux pour développer une informatique souveraine", selon la société CEO-Vision. 

Alors que l'on parle beaucoup de "souveraineté numérique", des entreprises françaises se battent pour imposer leurs solutions technologiques contre les tout puissants GAFAM.

Par Jérôme Colombain Radio France

Les grands comptes français utilisent surtout des applications informatiques américaines, émanant des fameux GAFAM. Pourtant, il existe des alternatives françaises. C'est le cas de la plateforme de travail collaboratif GoFast, développée par la société savoyarde CEO-Vision. Son PDG plaide pour un usage renforcé de ces technologies "made in France". 

franceinfo : votre solution peut-elle rivaliser avec celles des GAFAM ? 

Christopher Potter, fondateur de CEO-Vision : Nos outils permettent le travail quotidien, au bureau ou en télétravail. Notre suite logicielle remplace les deux outils de base que sont le serveur de fichiers partagés et la messagerie. Nous avons également un outil de visioconférence équivalent à Zoom ou Teams. 

En quoi contribuez-vous à la "souveraineté numérique" ?  

Le Cloud Act permet à la justice américaine de récupérer n'importe quelles données stockées sur des serveurs appartenant à des sociétés américaines, même s'ils sont situés en Europe. C'est une menace pour les entreprises. Au contraire, nos serveurs sont hébergés en Europe sur des serveurs appartenant à des compagnies européennes.

L'État joue-t-il suffisamment son rôle pour encourager le développement de solutions françaises ? 

De plus en plus, le secteur public joue le jeu. Mais certaines décisions sont quand même surprenantes, comme le choix récent de Microsoft pour l'hébergement des données de santé (Health Data Hub, NDR) ou le contrat "open bar" passé entre Microsoft et la Défense française. 

Les entreprises françaises sont-elles à la hauteur pour faire face aux GAFAM ? 

La France a de très bonnes technologies et d'excellentes formations, mais nous manquons cruellement de capitaux pour faire face à la concurrence américaine ou chinoise.

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